JAP007 intro

Un article de WIKELO.

Sommaire

INTRODUCTION A LA PENSEE JAPONAISE


Le terme « pensée japonaise » vient d’une traduction du terme japonais « NIHONSHISÔ ».

NIHON signifie JAPON 日本
SHISÔ signifie PENSEE 思想

Que peut-on mettre derrière le mot SHISÔ ?

C’est un terme neutre qui ne signifie ni « philosophie », ni « morale » ou « tradition », mais qui peut les regrouper.


Pour traduire le mot « philosophie » et le mot « religion », il existe 2 termes japonais.

  • TETSUGAKU 哲学 pour la philosophie :
TETSU signifie « sagesse » et GAKU signifie « apprendre » ou « étude ».
  • SHÛKYÔ 宗教 pour la religion :
SHÛ désigne une activité rituelle (en Chine), particulièrement envers les défunts.
KYÔ signifie « enseigner » ou « enseignement »


Ces 2 termes apparaissent vers la fin du 19ème siècle, suite à l’arrivée des concepts occidentaux, mais l’absence de ces termes ne signifie pas que de tels concepts n’existaient pas auparavant.

Vers Meiji, le savoir à l’Université japonaise était principalement occidental (et principalement allemand pour tout ce qui touchait à la philosophie).

Pour englober le concept de philosophie et de religion, les chinois et les japonais utilisaient souvent le terme KYÔ.

Vers le 6ème siècle, en Chine, on voit apparaître le concept des « 3 enseignements », les « SANKYÔ ».

  • le BUKKYÔ 仏教
  • le JUKYÔ 儒教
  • le DÔKYÔ 道教


I. Le « SANKYÔ »


A. Le BUKKYÔ


Ce terme est la combinaison de 2 mots.

BUTSU qui signifie « bouddha » et KYÔ qui signifie « enseignement ».

C’est la façon sino-japonaise de désigner le bouddhisme.


B. Le JUKYÔ


JU signifie « adoucir », « rendre facile », mais ce terme a très vite été associé aux maîtres dans l’enseignement.

KYÔ signifie « enseignement ».

Une bonne traduction pourrait être « l’enseignement des lettrés ».

Ce terme désigne le confucianisme. ...

C. Le DÔKYÔ

DÔ signifie « la voie ».

KYÔ signifie « l’enseignement ».

On peut donc le traduire par « l’enseignement de la voie ».

Ce terme désigne le Taoïsme.

D. Plus de précisions sur le SANKYÔ


Ces 3 enseignements datent d’avant la période des TANG (en Chine), et reflètent 3 manières différentes de voir le monde, mais elles ont toutes le même but qui est l’accomplissement.

Le 1er texte japonais détaillant le SANKYÔ date du 8ème siècle et fut écrit par un moine dénommé KÛKAI.

Il a été en Chine et a également appris le sanscrit, mais avant cela, il s’était converti au bouddhisme et avait écrit un ouvrage : le SANGOSHIIKI.

On peut traduire ce titre par : La vérité finale des 3 enseignements (SAN signifie « 3 », GO signifie « lecture » et SHIIKI signifie la « vérité finale »).

Cet ouvrage présente les 3 enseignements mais les classe selon une idée de progression entre les 3 enseignements :

  • le JUKYÔ
  • le DÔKYÔ
  • le BUKKYÔ


A la fin du 8ème siècle, c’est cette idée qui est la plus répandue au sujet du SANKYÔ.

II. Le développement du SHINTO dans le SANKYÔ


A partir de l’époque Kamakura (12ème – 14ème siècle), un autre terme apparaît : le SHINTO


SHIN signifie « Dieu » et TO signifie « voie ».

C’est à partir de cette époque que le SHINTO est employé comme étant l’égal du DÔKYÔ.

Le DÔKYÔ n’a pas réellement eu un véritable essor, contrairement au JUKYÔ (confucianisme) et au BUKKYÔ (bouddhisme).

Le SHINTO a donc « remplacé » le DÔKYÔ dans le SANKYÔ.


A. Le BUKKYÔ


Au Japon, on ne se réclame pas vraiment du bouddhisme, mais plutôt d’une école (SHÛ) qui elle-même se réclame du bouddhisme.

Exemple :

TENDAISHÛ

SHINGONSHÛ

ZENSHÛ


Le terme SHÛ a longtemps été traduit par le mot « secte », les spécialistes préfèrent parler d’ « école ».

Derrière l’étiquette du BUKKYÔ, il existe donc différentes écoles et par conséquent différentes visions et manières d’enseigner.

D’ailleurs, il n’y a pas de « grand maître du bouddhisme », mais il existe des « maîtres » pour chaque école.


B. Le JUKYÔ


Pour le JUKYÔ, on parle plutôt de GAKU.

Exemple :

SHUSHIGAKU (école ou enseignement selon l’exemple de SHUSHI, un penseur chinois)

SHINGAKU (SHIN signifie « cœur », donc on peut traduire par « école du cœur »)

GOGAKU

YOMEGAKU (idem que SHUSHIGAKU, mais le penseur se nomme YOME)


C. Le SHINTO


Tout comme pour les BUKKYÔ ou le JUKYÔ, il n’y a pas un seul SHINTO, mais plusieurs.

Sur le même modèle que précédemment, on parlera d’école SHINTO.

Exemple :

****SHINTO

Le **** étant le nom de l’école.


D. Différences entre KYÔ, GAKU, DÔ et SHÛ

Comme nous l’avons vu plus haut, ces termes peuvent se traduire par « école » et ont une signification assez proche.

Mais attention, il existe des nuances de sens assez importantes pour les signaler.

  • KYÔ
Signifie « enseignement » mais dans une optique descendante, c'est-à-dire d’un maître à un élève.


  • GAKU
C’est la démarche inverse et parallèle du KYÔ, c'est-à-dire qu’on parle d’enseignement mais dans le sens apprentissage.
On a donc une vision ascendante, d’un élève vers un maître.


Signifie la « voie ».
Ce terme a été utilisé pour désigner toutes sortes d’activités (allant de la plus sérieuse à la moins sérieuse) qui mènent vers l’accomplissement.
Exemple :
Le judo, le kendo, l’aïkido, le kadô qui est la « voie du poète ».


  • SHÛ
Il est un peu à part car différent et il représente une sous-partie et est limité au bouddhisme.
Contrairement à KYÔ, GAKU ou DÔ qui pouvaient être utilisés dans un contexte différents, comme par exemple les connaissances étrangères.
Exemple :
Le christianisme se dit « kirisudô »
Les connaissances scientifiques étrangères se disent « rangaku »
Précision concernant la notion d’ « étranger » :
Est considéré comme étranger tout ce qui est en dehors des « 3 pays », c'est-à-dire le Japon, la Chine (car le Bouddhisme a été importé de là) et l’Inde (origine du bouddhisme).


Cette année nous allons nous intéresser au JUKYÔ, c'est-à-dire le confucianisme.