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Auteur Sujet: Un cursus universitaire au Japon  (Lu 708 fois)
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Un cursus universitaire au Japon
« le: Mai 10, 2008, 11:51:21 »

Bon, il fait un typhon de première bourre depuis hier après-midi sur Ôsaka, du coup, autant faire œuvre utile ici plutôt que d'aller se faire flotter la tronche.

Je ne sais pas bien si l'info est susceptible de vous intéresser, mais je vais brièvement présenter ce qu'est une scolarité en fac au Japon, de la première année à la thèse de doctorat. Mon cas de figure s'appuie sur mon expérience à l'Université d'Ôsaka depuis des années.

Vous savez tous que l'entrée en fac au Japon se fait après examen de sélection. Sur concours en fait. Le contenu de l'évaluation n'a rien de bien monstrueux. Cela demande surtout beaucoup de mémoire, et en fait relativement peu de capacités de réflexion. Les facs où les concours sont réputés les plus durs sont les Universités de Tôkyô, Kyôto et Ôsaka (pour les anciennes universités d'État, donc) et Waseda et Keiô (pour les fac privées).

Les frais de scolarité sont, à mon sens, le vrai critère au fond, puisqu'il faut cracher environ 4000 euros pour une année en moyenne pour une des anciennes fac d'État. En fac privée, comme à Keiô, il me semble que c'est le double encore…

Le "premier cycle" ou 学部, se fait en 4 ans. Les 2 premières années sont un tronc commun, et à partir de la troisième, vous intégrez un système avec des majeures etc. La fin de la 4ème année est sanctionnée par un "mémoire" qui vous donne droit à la licence. Très court en fait, le mémoire, donc, "gros dossier" serait plus juste.

Au delà de la 4ème année, il y a d'autres concours, cette fois-ci pour entrer en 大学院. Ces concours portent vraiment sur la spécialité choisie, et le niveau est à la hauteur du niveau du laboratoire concerné. Là, il ne faut pas avoir oublié sa cervelle. Il s'agit donc de l'entrée en école doctorale. 博士前期課程, ce sont les deux années réglementaires qui débouchent sur l'obtention de la Maîtrise. Le programme est très lourd, avec beaucoup d'UV à valider. Cela se termine par la remise d'un mémoire, là non plus pas forcément très long, puisque cela dépasse rarement les 50 pages.

Encore des concours… pour entrer en 博士後期課程, c'est à dire en doctorat à proprement dit. Les concours ne sont pas piqués des hannetons, et comme il y a peu de places libres, cest un peu la guerre des tranchées. La scolarité dure 3 années réglementaires, avec quelques UV à valider. La deuxième année, on doit rendre une "pré-thèse" de 100 pages, sur validation de laquelle, on peut passer au dernier stade, celui de la vraie thèse en 3ème année. Une thèse moyenne, c'est 250 pages. On reste donc globalement dans des productions scientifiques très ciblées et pas trop volumineuses. Une fois qu'on a tout validé et qu'il ne reste plus que la thèse à écrire, on peut choisir de faire 単位取得退学 : on se retire de la fac en ayant tout validé, sauf la thèse. C'est en soi un statut au Japon. Et accessoirement, on nous laisse 3 ans de plus pour écrire la thèse, et ce sans rien devoir payer.

Voilà. Ca fait beaucoup de concours, comme vous voyez. Ensuite, il faut savoir que durant la scolarité même, les UV sont plutôt faciles à obtenir, et un mémoire ou une thèse, une fois pondus, permettent d'obtenir le diplôme presque automatiquement. Ce n'est pas comme en France, où on peut vous "interdire" de soutenir si on juge votre travail foireux. De même, un mauvais mémoire est sans conséquence théoriquement sur la suite, là où, en France, on a un rapport qui peut être ou une bénédiction, ou autant de casseroles au derche. Bref, en France, un mauvais mémoire, ou une mauvaise thèse, ont des conséquences terribles, au Japon, moins.

Autre chose : au Japon, pas de véritables bourses. Il existe des financements, mais il s'agit d'emprunts-bourses, et il faut donc rembourser un jour ou l'autre. Je vous laisse imaginer le drame… Pour moi, si la sélection sur concours a été la même que pour les Japonais au sein de l'école doctorale, j'ai pu bénéficier des bourses bilatérales France-Japon. Heureusement…

Si vous avez des questions, tant que j'ai encore bien la tête dans le système académique japonais, n'hésitez pas à les poser. Je ferai de mon mieux pour y répondre.
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #1 le: Mai 10, 2008, 12:09:10 »

Merci pour ce chouette topic ! Je viens d'apprendre pas mal de choses intéressantes. ^^
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #2 le: Mai 10, 2008, 12:31:59 »

moi j'ai une petite question : comment fonctionne le système des écoles de commerce au Japon ? concours, cursus, etc...
est-il sensiblement le même que celui en France (nombre d'année, etc...) ?
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #3 le: Mai 10, 2008, 01:03:45 »

Les écoles de commerce, au Japon, n'ont pas le satut particulier qu'elles ont en France. Tu peux faire de ce fait des études de commerce dans le département d'économie d'une fac japonaise.

Et en dehors de cela, tu as plein d'établissements privés "de commerce".

Mais je ne suis pas dans ce genre de monde. Il vaudrait mieux demander à la chambre de commerce et d'industrie française de Tôkyô, par exemple.

D'une manière générale, il vaut mieux se dire que la France est, en bloc, un cas à part.

Nous sommes les seuls à avoir toujours des "grandes écoles" (reconnues comme telles par nos institutions), nous sommes les seuls à avoir le capes, l'agreg, le CNRS, etc…

Et nous sommes les seuls à avoir une licence en 3 ans…
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #4 le: Mai 10, 2008, 01:05:56 »

HS / Ah, je me disais qu'il pleuvait bien beaucoup en ce moment... c'est un typhon, d'accord... (je débarque, mais j'ai pas la télé et je regarde pas les prévisions météos non plus) M'en fiche, j'ai pas prévu de sortir.  Wink/fin HS

Super intéressant comme post, mais j'aimerais avoir des précisions par exemple sur le visa. Et aussi concernant le visa, ce qui se passe pour les autres écoles de spécialités (hors fac, quoi, mais peut-être que j'en demande trop, désolée) : est-ce que ce genre d'échange peut marcher pour des écoles spécialisées dans les domaines techniques par exemple ou bien s'il faut absolument s'inscrire dans une fac pour obtenir un visa.(je sais que ça marche pour les écoles de langues, mais en ce qui concerne les études supérieures hors fac... genre ''je veux devenir maître sushi''. Ce n'est qu'un exemple. Wink Quoique études supérieures, c pas maître sushi, mais disons ''écoles hors fac'' voilà)
« Dernière édition: Mai 10, 2008, 01:10:11 par pioupiou » Journalisée
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #5 le: Mai 10, 2008, 01:49:13 »

Bon, pour commencer, de quel échange parles-tu ?

Concernant les visas, c'est sans rapport direct avec le cursus universitaire que je présente dans la mesure où il s'agit du cursus "classique", commun à tout étudiant, japonais ou pas. Je peux toutefois te dire ceci sur les visas :

1) si tu es inscrite dans une fac, ou qu'une fac accepte ton inscription, la demande de séjour aux autorités locales se fait avec grande facilité.

2) si tu es en France, la demande est à adressée au service consulaire de l'ambassade du Japon à Paris, par exemple. Il te donneront, sur expertise de ta demande, un visa adapté : travail, étudiant, famille, gestapo (ça c'est pour les militaires :nerd: ) etc…

Il y a une sacrée variété de visas. C'est donc impossible de donner une "réponse" absolue.

Pour devenir maître sushi, il faut faire 弟子入り Wink Il te faut trouver un maître, qui prenne des apprentis, qui se portera garant de toi, et là dessus, tu demanderas un visa d'étude. Et c'est le même topo pour n'importe quelle école.

Les visas, d'une manière générale, ce n'est pas un problème tant que l'on est dans le domaine des études, que ce soit en fac, ou dans des écoles plus spécialisées etc. Par contre, si tes études ne se déroulent pas dans le cadre d'un accord entre France et Japon, si, en gros, tu viens à tes frais, il te faudra peut-être trouver quelqu'un qui au Japon se portera garant pour toi. Cela peut-être une grosse responsabilité.

M'enfin, pour ces questions d'ordre purement administratif, tu as le site du Ministère de la Justice (japonais, bien sûr), et également celui de l'ambassade du Japon à Paris.

Et sinon, qu'est-ce que tu fabriques au Japon en ce moment, alors que d'ici quelques semaines, c'est la mousson ? :nerd:
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #6 le: Mai 10, 2008, 02:09:14 »

C'est vrai que tu parlais du cursus ''normal'' mais je voulais effectivement savoir si on pouvait s'inscrire en dehors des échanges. Mais tu as répondu à ma question, merci. Pr le reste, je fais ça en mp.
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #7 le: Mai 10, 2008, 02:17:18 »

Je savais te répondre car un de mes corélégionnaires de licence était parti à l'époque faire un stage chez un forgeron spécialisé dans la forge des katana. Et il avait bien eu un visa.
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #8 le: Mai 10, 2008, 05:48:13 »

Merci pour ce topic. Il m'intéresse tout particulièrement. Est-ce que la partie concernant la thèse est valable dans le domaine des sciences exactes (plus particulièrement, la recherche en biologie cellulaire) ? J'ai passé un examen, le GRE (Graduate Records Examination) en Biochimie et Biologie moléculaire, dans l'espoir de me faire accepter comme étudiant régulier en thèse au Graduate School of Science de Tokyo U, dans le cadre d'une procédure d'admission spéciale pour les étudiants étrangers. De toute façon je n'ai pas beaucoup d'autre choix, vu que je dois m'inscrire au 大学院 dont dépend mon laboratoire de thèse potentiel. Cependant mon professeur japonais ne m'ayant pas dit quel score il me fallait obtenir, je me demande s'ils sont vraiment pointilleux (j'attends toujours les résultats de cet examen, et je les anticipe beaucoup!!). D'après ton post, il semble que ce soit extrêmement difficile de s'inscrire en thèse au Japon.

Aussi, je me demandais combien d'UV par an il faut suivre en général quand on est en thèse.
« Dernière édition: Mai 10, 2008, 05:54:10 par RJLupin » Journalisée
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #9 le: Mai 11, 2008, 01:03:56 »

Là, c'est dans mes cordes de te répondre assez précisément.

En fait, il n'est pas question de "note". Il s'agit de concours. Après que les candidatures aient été déposées jusqu'à la mi février, chaque année la fac décide de combien de places d'étudiants-chercheurs elle va se doter en 博士前期課程 (Maîtrise) et 博士後期課程 (doctorat proprement dit). En fonction de cela, les profs choisissent les sujets des concours par spécialité, et les meilleurs sont retenus. L'année où je suis entré en 博士後期課程, il y avait très peu de place pour toute l'école doctorale, et j'ai été le seul étudiant étranger de ma fac à réussir le concours :sweat: Deux ans plus tôt avait été une année "faste", en revanche.

Mais en fonction des Universités et des années, il arrive que les concours soient découplés : ceux que passent les Japonais séparés de ceux que passent les étrangers. Du coup, il s'agit toujours de concours, mais entre étrangers. Ca rend l'accès plus facile, mais c'est notoirement inéquitable pour les Japonais qui restent sur le carreau… Mais certaines facs cherchent à avoir des étudiants étrangers, car, "cela fait bien". D'où ce genre de cuisine. Dans le cas que tu me présentes, il semblerait que le découplage soit la règle, ce qui ne te met du coup pas en compétition avec les étudiants japonais, et augmente statistiquement très fortement tes chances de réussite. Par contre, c'est bizarre que les résultats ne soient pas connus, vu que la rentrée, c'était il y a un mois et demi…

Si tu es lauréat d'une bourse du Minsitère de l'Éducation japonais, tu seras, la première année 研究生, et au sortir de cette année, tu pourras tenter le concours de ton choix. Ca relance la bourse 3 ans si tu entres en thèse, 2 ans si tu entres en maîtrise. C'est une bonne option, dans la mesure où ça te permet de te faire ta place. Car un autre facteur à prendre en compte, c'est qu'il n'est pas fréquent que des labo. soutiennent des candidats qu'ils ne connaissent pas vraiment encore bien. Je te conseille donc surtout de passer les concours du 文部科学省 à l'ambassade du Japon à Paris. L'avantage, c'est que tu touches alors 160000 yens par mois, et que tu ne payes pas les inscriptions.

L'entrée en 大学院 se fait obligatoirement par concours, une première fois en maîtrise, une autre fois en thèse. Mais ont peut être également associé au labo qui veut bien de nous en tant que 研究生, qui est un statut un peu bâtard, et non diplômant…

Dans l'absolu il faut se dire que le système japonais est conçu à l'inverse du système français : difficile d'entrer, mais facile d'être diplômé une fois "dans la place".

Edit : en thèse, j'imagine que le nombre total d'UV à valider est variable. Moi, je devais valider 14 points, la majorité des UV comptant chacune pour 2 points. Bref, en chargeant la barque, J'avais tout validé en un an et demi, ce qui m'a laissé le temps pour ma thèse française d'une part, et la pré-thèse japonaise d'autre part.
« Dernière édition: Mai 11, 2008, 06:10:37 par Kerberos » Journalisée

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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #10 le: Mai 11, 2008, 08:47:45 »

Merci beaucoup pour ce post de qualité.

Prenez-en de la graine les autres  icon_lol. Je plaisante.
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #11 le: Mai 11, 2008, 08:44:51 »

Merci beaucoup !

Alors justement, je suis en train de monter le dossier de candidature pour le 文部科学省. Et comme je ne termine mon M2 que fin juin, l'année universitaire au Japon commencera pour moi en avril 2009. (Il est possible que je parte avant, de septembre à décembre, avec un salaire de mon laboratoire japonais, mais quelque chose me dit que cela ne se fera que si j'obtiens la bourse).

Tu veux dire que de toute façon, la première année, je serai kenkyuusei ?

Je pensais pouvoir prendre un raccourci et m'inscrire directement avec le statut de seikisei en 1ere année de thèse, d'où mon passage de cet examen, que je repasserai si besoin en novembre prochain. Il m'a été difficile de réviser intensément pour cela en même temps que mon projet de recherche, alors j'espère que cela portera ses fruits.

Que sais-tu du 文部科学省 ? A mon niveau d'études, y a-t-il beaucoup de concurrence ? Le traducteur qui s'occupe de la traduction de mes diplômes en japonais avait l'air de penser qu'en ayant un "piston", ce n'était qu'une formalité. J'avoue que cela m'a un peu surpris. Mais, je ne sais pas ce qu'il entend par piston. Ce n'est pas comme si mon directeur japonais avait des relations à l'ambassade.

A vrai dire, je compte énormément sur cette bourse. Je sais que je partirai de toute façon, et ce que tu as dit sur les financements qui semblent être nombreux au Japon m'encourage, mais il me sera difficile de partir dans le flou financier le plus total, surtout si mon laboratoire décide de me laisser tomber et que je dois en trouver un autre (histoire d'envisager le pire). Si j'avais les moyens, je serais sûrement déjà parti.
« Dernière édition: Mai 11, 2008, 08:54:28 par RJLupin » Journalisée
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #12 le: Mai 12, 2008, 12:09:33 »

Oui, quoi qu'il arrive, si tu as la bourse du 文部科学省, tu seras d'abord 研究生. Et c'Est un bien. Car la première année, tu seras assez occupé à prendre tes marques, crois-moi…

À titre d'exemple, mon cas : j'ai eu la bourse au concours 2003. Et j'ai donc intégré la fac d'Ôsaka à la rentrée d'avril 2004. Il faut savoir qu'au Japon, la vraie rentrée est de toute façon en avril. Octobre, c'est le début du deuxième semestre.

Cette bourse, c'est encore des concours : tu prépares un gros dossier, avec notamment une lettre d'acceptation du labo que tu vises, qui dit que oui, ils te veulent bien sous condition que tu réussisses la sélection. Ensuite, ton dossier est retenu, ou pas, et tu passes un exam avec d'autres candidats à l'ambassade. Tu as un examen écrit en 3 phases au niveau de difficulté croissant (ça va de très très bas, à entre le 二級 et le 一級). Puis ensuite, tu as un entretien oral où tu seras devant des gens des services culturels de l'ambassade, quelqu'un du MAE français, et souvent un prof de l'Inalco (moi, c'était Madame Bayard-Sakai). Franchement, il y a peu de place pour le piston… Dans mon cas, comme c'était sciences humaines, l'exam de japonais était un critère important. En Bio, je doute que tu passes même un examen de langue.

D'une année à l'autre, le nombre des candidats est variable, mais a plutôt tendance à être à la baisse. Il n'y a pas de règles, donc. Je dirais que ce qui et important, c'est, une fois que tu as réussi à l'ambassade (première étape), d'avoir de bonnes lettres de recommandation. Car c'est sur ces dernières que le Ministère de l'Éducation se base in fine pour la sélection (deuxième étape). Moi, j'avais des lettres de personnes assez connues en France, mais également au Japon.

Pour le cursus doctoral, je te conseille de prendre ton temps : faire l'effort d'être 研究生, histoire de bien s'intégrer, puis de voir si ce labo te va. Et là, tu passes les concours en interne, en tant qu'étudiant déjà boursier, en étant donc DÉJÀ dans la fac. Les profs te connaissent, et c'est mieux, bien mieux, que d'arriver pouf d'un coup. Surtout que je ne connais PERSONNE, en archéologie, en archéométrie, en mathématique, ou même en anthropologie biologique, Japonais ou pas, qui ait été pris du premier coup à ces concours en venant de l'extérieur. Souvent, on leur dit : "oui, votre cas est intéressant… soyez 研究生 un an d'abord" :nerd: Comme il y a peu de place, cela veut dire qu'en fonction des années, la fac préfère d'abord prendre ses propres étudiants en 大学院, quoi.

Mais je pense qu'il faut d'abord que tu te concentres sur la bourse. Cela te donne le statut de 国費留学生, et c'est, en gros, l'équivalent de ce qu'en France on intitule "allocation de recherche". Sur le CV, c'est une bonne chose. Tu auras ainsi 2 ans de possibles en tant que 研究生, mais au bout de la première année, tu passeras le concours de 大学院, et si tu réussis, tu obtiendras une prolongation de bourse automatique de 2 ans, soit 4 ans au total : 1 ans en tant que 研究生, et 3 ans en tant que 院生.

Ah, si tu penses rentrer en France un jour, je te conseille également de garder le contact avec tes directeurs français… sachant que les diplômes étrangers ne sont pas reconnus en France à moins de faire faire des équivalences… et que c'est un sacré cirque.

C'est pour cela que je me suis cassé la nénette à faire deux cursus de doctorat en //.

Edit : shprout-nik a raison. C'est important que les gens qui te recommandent soient des PU/教授.
« Dernière édition: Mai 12, 2008, 03:13:59 par Kerberos » Journalisée

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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #13 le: Mai 12, 2008, 01:10:25 »

Je confirme ce que dit Carabosse. Pas vraiment de place pour le piston. Dans toute ma scolarité, je n'ai entendu parler que d'un exemple. Donc en gros: 1%.
Par contre, l'essentiel: avoir une lettre de recommandation franche d'un directeur de recherche au Japon, si possible d'un prof en titre (kyouju) et non d'un maître de conf (junkyouju).
D'autre part: en sciences humaines, il devient de plus en plus difficile d'entrer dans un fac privée. Le gouvernement préfère payer les facs anciennement publiques, quand même moins chères. L'argument n'est plus valable, ou moins valable, en sciences dures où c'est la cohérence entre le projet et le labo qui compte.

Ne pas oublier, pour se remonter le moral, que pour un labo avoir un étudiant étranger (et pour le dire encore plus franchement: blanc plutôt que chinois ou du sud est asiatique) est une bonne chose. Il n'y a que Tôdai et Kyôdai pour faire la fine bouche et être un peu tatillonnes, non?
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Re : Un cursus universitaire au Japon
« Répondre #14 le: Mai 12, 2008, 01:21:12 »

Kyôdai, Tôdai et Handai ont des problèmes critiques de place. Du coup, à l'intérieur des cursus disciplinaires, ils opèrent une vraie sélection. Et c'est bien. Ca évite de se retrouver en classe avec des clowns qui sont juste venus pour se sauter un max de japonaises (ceci n'est pas une plaisenterie). Ceux-là, ils sont généralement dans le "cursus" 日本学 des facs japonaises, et pas les cursus disciplinaires proprement dit. :nerd:

Faut savoir que même les anciennes facs (edit : "publiques"), lentement mais sûrement, augmentent également leurs frais d'inscription Depuis 2004, Handai, c'est passé d'environ 470000 yens à presque 550000.
« Dernière édition: Mai 12, 2008, 03:15:20 par Kerberos » Journalisée

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