Eh bien cela a été calme ici !

Je vais essayer de raconter ma dernière semaine au japon, qui a été très animée !
Un pote que j’ai rencontré dans ma guest est devenu mon guide officiel du vice au japon ! Il y a déjà vécu deux ans, et revenait après deux d’absence.
#1 Avant tout ça, je traîne à Shibuya, dans ces rues que je commence à connaître par cœur, et qui vont tant me manquer.

En face du HMV, un batteur avec juste charleston, mini crash, et caisse claire

; devant lui, un danseur. Un style pas conventionnel, très frais, contemporain. Le mec s’amuse. Un enfant passe avec ses parents, et là ils se met en équilibre sur les bras comme si de rien était, enchaîne toujours sur des équilibres, tête même !

Je vois qu’il y a de la capoeira là-dessous ! Après 10 minutes à le regarder je m’en vais lui parler. Il s’avèrera qu’il a vécu aux states, où il est parti étudier la danse, qu’il a aussi vécu en Italie (hihi), et qu’il est revenu au pays il y a deux ans !

Je continuerai une partie de la nuit à danser avec lui, mêlant mes restes de cap, à de la dancehall et du krump. Le tout en pleine rue, accompagné par un batteur ! Le regard des gens à Tôkyô est assez complaisant. On ne sent pas cette haine caractérisée, très française je trouve. On se sent bien même dans cette marginalité ! On se séparera sur une invitation à un battle de danse le lendemain à Shibuya.
Ma première sortie sera seule, au Vuenos, à Shibuya, pour une soirée intitulée « Pink Porno ».

Hihi cela laisse rêveur. Ca se passait mercredi, j’arrive vers 23h45. Je rentre (sans aucun problème, essayez la même sur Paris…

), la piste est en bas. Au 1F et entre le 1 et B1 ce sont des tables, endroits où se poser entre amis, autour d’un verre, c’est assez cosy. La piste, assez large, jolie boule à facettes et lasers, le bar dans le fond ne dérange pas, le DJ est bien en face mais pas surélevé, toilettes à droite, ressemblent à celles du Harlem tiens !

Quelques danseuses du club, un lapin, un petit démon, d’autres, dont une avec une micro et talon….Une véritable actrice de films X…Et si jamais non, elle a raté sa vocation

!! Bon sinon comme presque toutes les soirées au Vuenos, il y a des showcases : Showcase Danse, trois groupes dont un vraiment bien ; Showcase Chant

, plusieurs groupes : R&B, Rap, Ragga. Rien qui ne transcende vraiment. Le plus marrant reste quand même que lors du showcase tout le monde s’assied par terre !! Comme les petits à la maternelle ! Incroyable !

Sont vraiment gentils ces japonais.

Bon la soirée en elle-même, assez sympa, j’ai beaucoup dansé. C’est une très bonne boîte en tous cas, je la recommande à tous. 2500Y l’entrée avec 1conso.
#2 Je retrouve Eisaku que j’ai rencontré la veille, un peu en retard, vers 23h15 devant le ドンキホーテ, qui nous emmène en quatrième vitesse au Xanadu, un bar un peu plus loin. Entrée 2500, donnant une place pour le battle. Il y a du monde, un cercle, et déjà du monde dans le cercle ! Ca fait des freeze sur un coude, et des drapeaux, alors que la compétition n’a même pas encore commencé.

Beaucoup beaucoup de level, beaucoup de breakers, de poppers, moins de newstylers, aucun krumper >_< (bon sang quel marginal je suis) ! La compétition se déroule par groupes, je suis en E. Chaque groupe se met autour du cercle, le DJ balance trois beat, chacun passe dans le cercle quand il veut, il fait son show. Trois juges, qui ont montré ce qu’ils valaient avant de s’asseoir. Dans chaque groupe de 7/8 personnes, seuls trois sont choisis. Merci d’être passé pour les autres. 50 000Y à la clé.
Les beats qui passaient ne m’emballaient pas du tout, old school au possible, avec un rythme lent, rien sur quoi je puisse me caler avec mon krump. Le groupe D se termine, Eisaku me pousse et m’encourage, El Gaulois me montre son tatouage « Promis à la Victoire », je n’avais pas d’autre choix que d’entrer dans l’arène.

Le premier beat passe, c’est rapide ! Je me sens mieux, j’attends juste le moment où le mec sort du cercle pour passer en 2e avant que le DJ ne change de son, I do my thing, et le 3e lui non plus ne voulait pas perdre ce beat force l’entrée, je me retire.

Les gens avaient l’air plutôt enthousiastes à ce que j’entendais.

Malheureusement pour moi j’avais deux breakers du maléfice et un popper de la séduction, ce sont eux qui sont choisis.

Eisaku me dit que c’est cool de l’avoir fait, El Gaulois me dit que j’ai été le plus applaudit et qu’il casserait bien la figure à l’autre qui est rentré sur moi !

Mais on doit partir, je m’excuse auprès de mon hôte que je ne pourrai même pas voir, et nous devons y aller. Juste avant, un roc se dresse devant moi et me congratule. Je me dit que c’est une aubaine, c’est super gentil en plus quoi, je lui demande son nom : ISOPP. Si ça vous dit quelque chose ! Echange de mails et je file ! WOW !
On s’en retourne vers le vice : Roppongi !

Et qui dit Jeudi Soir, dit : GASPANIC ! Entrée gratuite, toutes les boissons à 400Y !

Bon évidemment, il faut boire « tout le temps ». El Gaulois, ayant bossé au Gas pendant 1an connaît du monde, donc on nous laisse un peu tranquille.

On passe d’abord par le Gaspanic Bar, premier sur le chemin. On dit bonjour mais on ne reste pas. Direction le Gaspanic Club, dans la descente. A l’étage du Parapara, 逃げろう ! Let’s go to Hell : 99 !

La boîte ghetto, quand on y rentre on se croirait vraiment « in da hood » ! C’est impressionnant !

Only Blacks ! Ca fait peur la première fois, mais on y prend goût ! Des gangsters ? Que vous croyez ! La première fois j’en avais bousculé un, et je pensais que j’étais mort et il s’est retourné vers moi…Là j’ai fait mon signe de croix, en voyant la masse musculaire, et il me sort « My apologise man, come over » et il me prend par l’épaule ! OMG ! Des gangsters de l’Amour !

Comment ne pas y prendre son pied ?! Bon alors c’est vraiment pas un endroit où l’on va pour performer, parce qu’il n’y a pas beaucoup de place, mais plutôt pour y faire des rencontres.
Le son ? QUE du lourd, du Dirty, entrecoupé de sessions Reggaeton et love. C’est clair qu’il n’y a que là bas où l’on peut avoir sa dose de Laffy Taffy ! A essayer, après c’est : on aime ou on aime pas, moi cette ambiance je surkiff, et le son encore plus !
Mais, laissez moi vous en contez un peu plus. Le Gaspanic 99 (ninety nine) est au Vice ce que le Crime est à Gotham City : un frère jumeau, une ombre ! Ils vont de paires ! Ne vous attendez pas à tomber amoureux là bas, car les filles qui s’y trouvent, sont des purs exemples de nasty girls !

Ce sont des gaijin lovers comme on les appelle, et des filles très très faciles. Il suffit juste de se coller à l’une d’elle avant qu’un autre ne le fasse avant vous et le tour est joué. Evidemment pas si facile quand il y a 50 blacks autour de soi radars enclenchés !

Il s’y passe tout un tas de choses, depuis les toilettes jusqu’à la piste de danse ! Nulle besoin de se cacher, le vice est partout ! J’ai vu des filles qui sans même être alcoolisées plus qu’il n’en fallait, agir et me faire savoir dès le premier regard, qu’elles n’avaient jamais connu les mots « respect de soi » !

Et même pour un féministe effarouché, lorsque l’on voit ce genre d’énergumènes, on se dit qu’on ne peut pas grand-chose pour elles…

Je reste poli et courtois dans mes paroles, mais c’est vraiment du dirty. D’où le fait que ce genre d’ambiance ne puisse pas plaire à tout le monde ! Moi, je ne bois pas, je ne fume pas, je suis là pour m’amuser, alors forcément voir ces filles s’exciter sur des blacks et tourner entre eux et leurs potes, ça m’amuse…Je me dis au fond de moi « Ma pauvre si tu savais ce qui t’attendais… », c’est triste mais ce n’est pas comme si ce n’était pas ce qu’elles étaient venues chercher ! Il y a un proverbe créole qui dit « Si pa ni soutirè, pa ni volè » : s’il n’y a pas de demande, il n’y a pas d’offre !

Mais il faut quand même avoir vu ça une fois dans sa vie, ça permet de changer ce trop plein de kawaii ! Get some Dirty ! (et sortez couvert !)
#3 Vendredi, Colors une boîte à 5min en taxi depuis Roppongi. Je m’y rends sur invitation de Meg, ma pote krumpeuse ! On rentre avec El Gaulois, sur Guest List (ouais je me la pète

). La boite est au B4, oui oui 4e sous sol ! Ambiance pas trop mal, décor en blanc, on arrive avec le bar sur la droite, et on se dirige vers la salle. Assez grande, problème que je constate tout de suite, pas de clim ! Eh oui au Japon y a la clim dans toutes les boites (du moins toutes celles que j’ai faite) ! Et là c’était hot !
On a eu droit à 2 showcases danse, avec plein de groupe, dont les Cheeky Clownz, mes copines krumpeuses. Beaucoup de level en danse ! Beaucoup de phases pompées sur Street Dancer !

Tous les gens sont encore une fois assis par terre !

Ca crie de partout, les mecs ont trop la cote !

Entre les deux et après aussi, session danse ! Un cercle se forme, plein de monde y participe, je fais mon show, eux le leur, c’est super amical, super bon enfant, c’est une fille qui « dirige » le cercle, elle est surmotivée ! C’est une boîte de danseur ça se voit tout de suite. Mais ici pas de compétition, on est tous là pour le plaisir de montrer ce que l’on sait faire et le partager avec les autres !

Quelques filles des groupes passés sur scène se joignent à nous, tandis que les mecs eux, trop imbus de leurs personnes restent au bar à se saouler et parler aux groupies qui y sont aussi.

Ce n’est pas plus mal, ça laisse la place même aux moins doués ! C’est l’endroit que j’ai préféré durant mon séjour !

Autant le 99, le son y est destructeur, autant là, on pouvait danser à volonté, le choix est vite fait ! Par contre…Sans la clim…Je défie quelqu’un de krumper plus d’un quart d’heure !

En tous cas supers sessions de danse, et la soirée se termine gentiment, je parle avec Keiko, qui avait l’air de s’ennuyer, échange de mail et on s’en va chercher pitance, du poulet à 7h du matin, il n’y a rien de mieux pour des gaulois !!

Pensiez vous que ce serait fini ? Loin de là, dès notre sortie du Colors, nous filons droit sur Roppongi et vers le 99 ! Un after Dirty South ça ne se refuse pas !

Il y a encore du monde, et le son est bien lourd comme on le voulait. Après une bonne session Reggaeton et le retour de la violence par Lil’Jon, on décide de s’en aller, il est 9h30. C’est violent Roppongi, mais qu’est ce que c’est bien !
#4 Samedi dernière soirée. Je pars dimanche à 11h10. Le plan initial était l’AGEHA, mais trop loin, et la session de la veille au 99, nous avait donné des ailes.

On décide donc de faire la tournée des GasPanic ! D’abord Shibuya, celui de la center gai, celui ou la langue officielle est le français, celui où vous trouverez un concentré pur d’Afrique Noire !

Malheureusement ce soir là, le coupé décalé n’était pas au rendez-vous, El Gaulois qui s’est entraîné (free fight) avec le videur prend la blague, on parle de K1 et des mecs qui se sont fait démontés. Il parle même français ce bougre ! Bon vite fait quoi !:p Après cet intermède de combattant, direction le 2e Gaspanic de Shibuya, un peu plus haut sur la Dogenzaka.
Plus de monde, la musique c’est pas encore trop ça, mais on décide de prendre un verre (de coca bien sûr !). Après un quart d’heure le son se précise, et je me précipite dans l’espace où je peux danser. Se produit alors une explosion de joie…De la part de la gente… masculine…Qui me saute dessus, m’applaudit, me demande comment je m’appelle etc etc…

Un peu gêné je reste à l’écart après ça, mon pote bien énervé décide qu’il était temps que l’on passe au côté Roppongi de Tôkyô ! Petit détour par un bar latino où bosse une amie à lui. Toujours dans cette chance que j’ai (avec les mecs), un boricua qui m’aborde, me montre ses tatouages, me fait quelques signes de la main, me dit qu’il est de porto rico, pensant que j’étais un confrère.

Désolé amigo ! Après une rasade de Reggaeton, direction le Sud !

La tournée des Gas continue, avec les trois cités plus haut. On finira bien sûr au 99, encore plus ghetto que ghetto un samedi soir ! Encore plus de monde ! Alors déjà le jeudi j’hésitais à le recommander, mais là c’est pire ! Mais c’est pas l’entrée à 1000Y (+ une conso) qui va y dissuader quelqu’un ! Bon pas grand-chose à signaler, on s’y habitue tellement vite ! Les mêmes gars qu’à l’accoutumée, venus pour les mêmes raisons ; les mêmes filles qu’à l’accoutumée, venues pour les mêmes raisons. Le genre de fille qui te viole du regard et qui te montre deux minutes après le mec avec qui elle est venue ! Je kiff !!

Bref après avoir eu mon Laffy Taffy, que je n’aurai pu partagé avec El Gaulois, je me dis que ma mission est remplie, il est 5h30 : je peux partir en paix. Une heure plus tard je rentrais boucler mes 44kg de bagages et c’est complètement cassé par une semaine de sortie non stop, que je me dirigeais alors vers un long voyage retour…Retour à la réalité, à la banalité, à la morosité…Retour à Paris…

PS 1 : Je ne me la pète pas parce que je sais singer deux trois mouvements, mais vraiment quand vous savez danser au japon, vous avez comme une aura autour de vous. C'est un peu bête, et ce n'est bien sûr pas le seul moyen de rencontrer des gens. Mais dans le monde de la nuit, vous verrez qui si vous dansez, cela vous ouvrira beaucoup de portes !
PS 2 : Si quelqu'un arrive jusqu'ici en ayant tout lu...Non seulement il a toute ma gratitude mais en plus il pourra dire qu'il sera le seul !

C'est vraiment long !
